- EPISODE 2 -
A Madrid
Le soleil est couché depuis déjà deux bonnes heures. L'air était encore chaud et des étoiles étaient apparues dans le ciel maintenant noir. Ce fut à ce moment qu'un avion surgit de ce ciel. Les balises de la piste d'atterrissage étaient allumées et l'appareil se posa sans problèmes. A son bord se trouvait Ingrid, Jack et la petite Erika. Ingrid était enfin de retour après presque deux ans d'abscence. C'est à sa descente de l'avion qu'elle se rendit compte que son pays était vraiment sous ses pieds et pas de l'autre côté de l'Atlantique, comme elle le pensait. Il est vrai qu'au début l'Espagne lui manquait horriblement tout comme sa mère et ses amis et elle pensait qu'elle ne s'habituerait jamais à ce rythme de vie mais au bout de quelques mois et sa rencontre avec Jack elle avait totalement oculté ce pays de sa tête ne pensant plus qu'à Los Angeles. Au moment où son pieds se posa sur le sol espagnol, une farandole de sensations et de flash-back lui remplirent la tête. Jack posa sa main sur l'épaule de sa compagne et celle-ci lui répondit par un magnifique sourire. Erika dormait paisiblement dans les bras de son papa. Une petite demie-heure plus tard, ils avaient récupérés leurs bagages et attendaient qu'un taxi s'arrête devant eux pour aller à l'hôtel. Avec le décalage horaire ils étaient crevés. Mais si Ingrid s'était écoutée, elle aurait sauté dans le premier taxi direction l'appartement de Lola et Sylvia mais elle se retint. Elle se doutait que l'accueil qu'elles lui réserverait serait des plus froid. Et elles auraient eu raison. PLus de nouvelles du jour au lendemain, elles ne pouvaient pas lui sauter dans les bras. Elles n'étaient même pas au courant de l'arrivée d'Erika et n'avaient jamais vu Jack. Un taxi s'arrêta enfin devant eux et tous deux s'engoufrèrent dedans en prenant soin de ne pas réveiller la petite qui domait à poings fermés.
A Los Angeles
Avec le décalage horaire, le soleil commençait tout juste à se coucher là-bas. Pedro avait fait le pieds de grue toute la journée devant son téléphone portable. Nina ne lui avait toujours pas donné de nouvelles depuis son départ précipité du matin. Il se décida donc d'aller la voir chez elle puisqu'elle ne répondait pas au téléphone. Il tombait directement sur sa messagerie. Peut être qu'elle n'avait plus de batterie... Il prit sa voiture et roula pendant quelques minutes jusqu'à la maison où Nina habitait avec sa soeur. Il n'y avait jamais été. Il se gara à quelques mètres de la maison et il vit Nina qui s'amusait dans la jardin avec une petite fille. Elle devait avoir dans les trois quatre ans... Il souriait. Il se disait qu'elle ferait certainement une bonne mère. Mais elle ne lui avait pas dit qu'elle avait une nièce. Enfin bon. Il se décida et sortit de la voiture. Il se posta devant la maison.
P : Bonjour !
Nina s'arrêta net. Elle lui tournait le dos. Elle avait reconnu sa voix.
La petite fille prit la parole.
- regarde y'a un monsieur M...
Nina s'empressa de poser sa main sur la bouche de la petite fille.
N : Cléa rentre s'il-te-plait
C : Mais...
N : Dépèche-toi !
La petite fille s'éxécuta à contre coeur. Nina attendit qu'elle soit rentrés pour s'avancer vers Pedro. Il avait les bras croisés et lui souriait. Il s'avança pour l'embrasser mais il n'eut droit qu'à un baiser furtif. Il n'y prêta pas plus attention que ça.
P : J'ai attendu ton appel aujourd'hui.
N : Oui je sais mais je n'ai pas eu une minute à moi.
P : c'est pas grave. Je ne savais pas que tu avais une nièce.
Nina ne comprenait pas sur le coup mais elle revint rapidement à elle.
N : Ah Cléa ! Oui.
P : Je t'emmène dîner quelque part?
N : Euh non je ne peux pas ce soir.
P : qu'est-ce qu'il t'arrive? Ce matin tu pars sans explications, tu ne m'appelles pas, tu m'embrasses à peine et tu ne veux pas dîner avec moi. Je te rappelle que je pars à l'aube pour l'Espagne !
N : Oui je sais . Mais t'es pas non plus à quelques jours près. C'est pas parce qu'on a passé la nuit ensemble qu'on doit être collés vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
P : Qu'est-ce qu'il te prend?
N : Ecoutes vas en Espagne et quand tu reviendras on en reparlera.
P : Non maintenant !
N : Mais t'as pas compris?? Allez dégage !
Nina partit en direction de la maison. Pedro serrait les dents et repartit dans sa voiture. Il s'y assis et posa sa tête sur le volant. Puis il démarra en trombe.
Le lendemain matin
Le soleil se lèvait sur Madrid. Chacun vaquait à ses activités : Lola était déjà debout et s'activait avant le réveil de toute la maisonnée, Ingrid, Jack et Erika dormaient encore, Roberto était encore couché pendant que Marta était toujours après son ménage et Pedro était au dessus de l'Atlantique en se posant des questions sur le comportement de Nina.
------------------------------------------ SUITE DU 20 JUIN 2007 ------------------------------------------
Chez Roberto et Marta
Comme tous les jours, Roberto se réveilla tôt. Cette semaine il avait également son fils à s'occuper. Il se dirigea, en caleçon, vers la chambre de son fils et entra doucement. Il déposa un baiser sur la joue de son fils. Cinq minutes plus tard, tous deux prenaient leur déjeuner et discutaient. Sergio récita sa poésie à son père, sans une faute, et avec un ton impeccable.
- C'est très bien ! Tu sais tu pourrais faire du théâtre plus tard.
- C'est vrai? Comme toi?
- Oui sauf que moi je n'en fais plus. Ca te dirait que je t'inscrive dans une compagnie pour les enfants de ton âge?
- Oh oui !
- J'en parlerai à Maman.
C'est maintenant sûr : la relève était assurée.
Chez Lola, Nacho et Sylvia
Nacho était déjà parti à l'école pour tout préparer pour la fête du soir, Sylvia était à son école et Lola jouait avec son fils sur le tapis du salon. Paula devait venir chercher Enzo car elle le gardait pour la journée et pour la nuit. Paula et Roman étaient les heureux parents d'un petit Alex de plus d'un an. A dix heures, quelqu'un sonna. Lola prit son fils et alla ouvrir la porte. Elle trouva Paula et Alex qui lui donnait la main. Il marchait tout seul maintenant. Elles se firent la bise et embrassèrent les enfants. Paula s'assit sur le canapé et les deux garçons partirent, Alex en marchant et Enzo à quatre pattes, jouer dans la chambre d'Enzo.
P : Dès qu'ils sont ensemble, ils ne se quittent plus tous les deux. On dirait deux frères.
L : Oui ça c'est sûr. Tu veux boire quelque chose?
P : Non je te remercie.
Lola s'assit sur la table de salon en face de Paula.
P : Alors ce soir tu vas revoir tout le monde.
L : Oui.
P : Ca n'a pas l'air de t'enchanter plus que ça.
Lola se leva et alla regarder par la fenêtre.
L : Tu sais très bien pourquoi.
P : Pedro? Ecoute un jour ou l'autre il va falloir qu'il sache qu'il a un fils.
Tout en parlant, elle s'était levée et se trouvait maintenant devant Lola.
P : Et Enzo? Il a le droit de savoir qui est son père non? Comme tu n'as pas dit à ton père que c'est le fils de Pedro mais de quelqu'un de passage, il se demande se ce n'est pas Nacho.
Lola éclata de rire.
L : Nacho?
P : Et oui. Bon ma chérie on va te laisser mais réfléchis bien. Allez tout va bien se passer. Les deux femmes allèrent chercher les garçons.
Dans une clinique
Ingrid venait voir sa mère, seule pour l'instant. Après presque deux ans de séparation, elle redoutait sa réaction. Son état avait-il empiré? Allait-elle la reconnaître? Elle était derrière la porte et hésitait. A plusieurs reprises elle failli rebrousser chemin. Mais alors qu'elle allait frapper, la poret s'ouvrit. Sa mère apparut. Elle n'avait pas beaucoup changé. Elle avait vieilli certe, mais pas tant que ça.
M : Ingrid? Ingrid c'est ça?
I : oui Maman.
Toutes deux se jetèrent dans les bras l'unes de l'autre. Des larmes de joir coulaient sur leurs joues. Leurs retrouvailles furent très émouvantes.
Dans les rues de Madrid
Il était à peine quatorze heures. La journée était assez ensoleillée et chaude. Lola avait laissé ses cheveux détachés, portait des lunettes de soleil noires, un débardeur noir et un pantalon blanc avec des chaussures noires à talon. Elle se promenait tranquillement dans les rues à la recherche d'une tenue pour le soir. Elle voulait être la plus belle pour montrer à Pedro qu'elle s'était très bien remise de leur séparation. C'est vrai qu'elle commençait à l'oublier mais elle avait quand même peur de sa réaction en le voyant. Elle vit une magnifque robe dans la vitrine et entra dans le magasin en remontant ses lunettes dans ses cheveux.
A l'aéroport
Pedro venait d'atterrir. Plus le temps passait et plus il se décomposait. Il pensait sans cesse à Nina et ne comprenait pas son comportement. Il attendait ses valises près du tapis roulant. Ses yeux étaient dans le vague. Ses valises arrivèrent enfin. Il en mit une en bandoullière sur son épaule et fit rouler l'autre. Son expression n'avait pas changé. Il avait fait tous ces gestes machinalement, comme un somnambule. Il sortit de l'aéroport en plissant les yeux. Il était un peu aveuglé par la lumière du soleil après ces huit heures de vol. Comme prévu, Jack l'attendait. Quand il le vit, Pedro se força à sourire. Il arriva enfin à lui et lui fit la bise, puis sans un mot, il mit ses valises dans le coffre. Jack avait sa portière ouverte et était appuyé sur le dessus de la voiture quand Pedro voulu monter.
- Ca n'a pas l'air d'aller.
- Si, si. Allez roule.
- Si tu le dis.
Jack, sceptique, monta dans la voiture , la démarra et ils partirent.
--------------------------------------------------SUITE DU 28 JUIN 2007---------------------------------------------
Chez Roberto et Marta
Marta avait encore passé sa journée à faire le ménage. Elle s'enfonçait un peu plus tous les jours dans la dépression. Roberto rentra de l'école avec son fils. Sergio courut voir Marta. Elle lui fit un bisou.
R : J'ai appelé la baby-sitter et elle arrive d'ici une heure.
M : D'accord.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive? T'as l'air toute triste.
- J'en ai marre. Je reste enfermée ici toute la journée.
- Mais ce soir on sort. On va en profiter.
- Ouais... Bon je vais me préparer.
Roberto la laissa partir. A cause de cette situation, ses sentiments avaient baissés. La rupture se rapprochait.
A l'école
La fête venait juste de commencer. Lola était arrivée. Elle portait une magnifique robe noire et avait remonté ses cheveux avec une pince. On la reconnaissait à peine et elle était superbe. Elle avait une coupe de champagne à la main et discutait avec Nacho et Sylvia. Lola avait le dos tourné vers l'entrée, Sylvia, elle, lui faisait face. Elle vit donc entrer Ingrid, Jack et Pedro.
S : Lola ne te retourne pas. Le clan des américains vient d'entrer.
L : On fait comme si de rien n'était.
Les trois qui venaient d'entrer étaient embarassés. Ils se décidèrent à aller voir Lola et les autres.
I : Bonjour.
S : Salut.
Lola ne répondit même pas. Roberto arriva derrière elle.
R : Coucou la maman !
Lola se retourna et lui lança un regard accusateur.
R : Ah j'ai fait une gaffe ?
P : T'es maman?
L : oui.
P : T'as quelqu'un dans ta vie alors?
L : Non. Juste mon fils.
Lola prit une gorgée de son verre.
L : Bon je reviens je vais me refaire une beauté.
Lola posa son verre et se dirigea vers les toilettes.
P : Excusez-moi.
Pedro fit de même et la suivit.
Lola se tenait au lavabo, la tête baissée. Quand elle vit Pedro entrer, elle se resaisit.
P : Ca me fait très plaisir de te voir.
Lola ne répondit pas.
P : Lola je sais que j'ai pas toujours été sympas mais on pourrait se parler quand même. Non?
Lola se retourna vers lui et croisa les bras.
P : Et puis ça me ferait plaisir de connaître ton fils. Comment il s'appelle?
L : Enzo.
P : Tu lui as donné le prénom qu'on avait dit si on avait un fils ! Et il a quel âge?
L : il aura un an le mois prochain.
P : Il faut que je te dise : tu es vraiment magnifique ce soir.
L : Merci beaucoup. Et toi tu as rencontré quelqu'un?
P : Je pensais...
L : Comment ça?
P : J'étais tombé amoureux de quelqu'un, on a passé la nuit ensemble et le lendemain elle a presque refusé de me parler.
Lola était maintenant appuyée contre le lavabo, les bras croisés et Pedro était contre une porte les mains dans ses poches. Quelqu'un frappa. Leurs têtes se tournèrent vers la porte qui était en train de s'ouvrir. Ingrid apparut.
- Pardon de vous déranger.
P : C'est pas grave. Je vais y aller.
Il it un bisou sur le front de Lola et partit.
I : Lola...je...je suis vraiment désolée d'avoir coupé les ponts comme ça. Tu ne peux pas savoir à quel point je m'en veux.
L : J'ai eu mal.
Elles se regardèrent puis se prirent dans leurs bras. Elles s'étaient retrouvées.
I : Il faut que je te dise. J'ai adopté une petite fille. Elle s'appelle Erika et a trois mois.
L : Tu n'as pas dit à Pedro qu'Enzo est son fils ?
I : Non rassure-toi.
L : Merci. J'ai pris une décision. Demain je vais tout lui dire.
I : Je suis fière de toi.
Elles retournèrent ensuite avec les autres. La froideur avait laissé place à la bonne humeur.
Toutes la soirée, ils se racontèrent leurs vies, leurs joies, leurs peines... Ils restèrent à l'école jusqu'à 1h00 du matin puis finirent la soirée à l'appartement. Les relations entre Marta et Roberto continuaient de se dégrader. Tout ce petit monde était resté dormir. Comme prévu, à 10h00, Paula ramena Enzo. Elle entra avec ses clés et trouva Roberto, Marta et Pedro endormis dans le salon. Elle ne comprenait rien. Elle décida d'aller dans la chambre de Lola. Elle la trouva elle aussi endormie. Elle posa Enzo sur son lit et il rampa jusqu'à sa mère. Elle se réveilla doucement.
- Bonjour mon ange. Mais...t'es déjà là?
- Bah oui il est 10h00.
- Déjà? Oh la la. On s'est couchés très tard.
- Et c'est qui tout ce monde dans le salon?
- Et bah hier soir on a fini la soirée ici et on les a tous hébergé.
- Bon je vous laisse. Ton père m'attend.
- Embrasse-le de ma part.
Paula partit. Lola se leva et prit son fils.
- Allez viens mon bébé. On va réveiller les autres.
Elle se dirigea vers le salon, son fils dans les bras. Elle s'accroupit à côté de Pedro et lui caressa le bras en murmurant son prénom.
-----------------------------------------------------SUITE DU 6 JUILLET 2007-----------------------------------------------
Pedro ouvrit les yeux et lui sourit. Lola chuchottait.
- T'as bien dormi?
- Oui très bien. Ca m'a rappelé quand on était ensemble.
Lola lui sourit.
- Allez viens je vais préparer le café.
Lola partit devant, toujours avec son fils dans les bras et Pedro la suivit en caleçon. Un peu plus tard tout le monde prenait son petit-déjeuner. Ensuite, Lola alla s'occuper de son fils. Elle lui mettait la couche quand Pedro fit son apparition.
- je trouve que tu es une super maman.
- Merci. Ils sont où les autres?
- Partis se ballader.
- Ok.
- Mais dis-moi il a pas de père ce bout de choux?
- Si.
- Ah. Il s'en occupe beaucoup?
- A vrai dire il aurait du mal à s'en occuper.
- Ah bon? Pourquoi?
- En fait...
Alors que Lola allait tout lui révéler, le portable de Pedro sonna.
- Excuse-moi.
Pedro s'éclipsa pour répondre. Lola eu le temps d'habiller son fils, de prendre sa douche et de se préparer pendant le coup de fil de Pedro. Elle était en train de ranger la cuisine quand il raccrocha enfin.
- Excuse-moi d'avoir été long.
- Oh c'est pas grave t'inquiète pas. Mais dis-moi tu as retrouvé le sourire.
- Oui ! C'était Nina tu sais je t'en ai parlé hier.
- Oui, oui.
- et bien elle s'est excusée et m'a avoué pourquoi elle était si distante : elle est maman ! Je prend l'avion dès ce soir !
Lola lâcha le bol qu'elle avait dans la main et se coupa en voulant ramasser les morceaux. Pedro accourut.
- Mais tu t'es coupée !
- C'est pas grave.
Pedro lui mit la main sous l'eau.
- Tu ferais un très bon papa.
- Pourquoi tu dis ça?
- Pedro je dois t'avouer quelque chose.
- C'est Enzo c'est ça?
- C'est ton fils.
Pedro resta bouche-bée et recula d'un pas. Le sol se dérobait sous ses pieds.
- Je suis désolée. On venait de se séparer, je savais plus où j'en étais et puis j'apprend que je suis enceinte. Alors je l'ai gardé.
- T'avais pas le droit de faire ça Lola, t'avais pas le droit de me priver de mon fils. T'avais pas le droit ! Merde !
Pedro tapa du poing et quitta l'appartement. Lola ne pouvait plus bouger.
FIN DE L'EPISODE